Porc au caramel, un concentré du Vietnam

Porc au caramel

Le porc au caramel (thịt kho) est un grand classique pour les vietnamiens. Il fait partie de ces plats que vous ne trouverez jamais dans des restaurants. C’est un plat simple, un plat populaire qu’on ne mange qu’en famille.

Il est au Vietnam ce que la  purée / saucisses est à la France. Et il serait absurde d’aller au restaurant pour déguster une purée / saucisses. Vous ne trouvez pas? Tous deux sont des plats conviviaux qui conviennent à toute la famille; les mamans aiment les cuisiner parce que c’est simple; les papas les adorent parce qu’ils sont bons marché; ET SURTOUT les enfants se régalent parce que c’est bon. On a tous une raison d’aimer ces plats !

En grandissant, j’ai commencé à sortir et à aller au restaurant. J’avais soif de nouveautés, de découvrir d’autres expériences culinaires. Et le porc au caramel ne me suffisait plus. Il commençait à me lasser. C’est bien connu, l’herbe est toujours plus verte ailleurs .
Mais que me reste-t-il de ces fameux plats découverts au restaurant? Pas grand chose, pas même un souvenir auquel m’accrocher. Ils n’ont pas ce goût de mon enfance. Ils n’ont pas l’amour de ma mère. Et aujourd’hui, c’est ce genre de plats qui me manque le plus!

Chaque famille a sa propre recette mais la base est toujours la même. On l’aime avec peu ou beaucoup de sauce, on le prépare avec une viande maigre ou grasse, avec ou sans os… Bien sûr, la meilleure façon est celle de ma mère 🙂 Elle le cuisinait avec des travers de porc qu’elle laissait mijoter longuement jusqu’à ce que la viande devienne tendre et s’imprègne de tous les sucs de la sauce.

On l’accompagne de riz blanc (d’ailleurs, le riz ne se mange que blanc ! Le riz cantonais est un plat en lui-même).

 INGRÉDIENTS

  • Travers de porc, côtes de porc, rouelle ou poitrine
  • Sucre (3 ou 4 cuillères à soupe)
  • Ail et oignon
  • Sel et poivre (idéalement concassé grossièrement)
  • Nước mắm ( 4 cuillères à soupe)
  • Coriandre et ciboules (facultatifs)
  1. Couper le porc en gros morceaux ou la rouelle en grosses lamelles
  2. Faire un caramel très foncé (presque noir). Une fois prêt, ajouter de l’eau pour le diluer et laisser de côté
  3. Faire dorer à feu vif les oignons et l’ail pilé
  4. Ajouter la viande et laisser revenir quelques minutes
  5. Verser le caramel, le nước mắm, un peu de sel et de poivre
  6. Recouvrir d’eau. Porter à ébullition , écumer
  7. Une fois qu’il n’y a plus d’écume, couvrir et laisser mijoter à feu minimum pendant environ 2 h
  8. En fin de cuisson, à vous de juger le niveau de sauce selon vos goûts. Ajouter de l’eau ou réduire à feu vif à votre convenance
  9. Servir avec la coriandre et la ciboule ciselées

BON APPÉTIT !

BOAT PEOPLE : il était une fois à Bangkok [Part 4]

Les journées s’écoulaient paisiblement sur le navire. On reprenait peu à peu nos forces et nos esprits. On pensait à tout ce qu’on avait laissé derrière nous; on s’inquiétait du chemin qu’il restait encore à parcourir devant nous. Mais nous étions tous heureux d’être là, heureux d’être en vie. Et peu importe ce que l’avenir pouvait nous réservait, il ne pouvait être que meilleur. C’est certainement de là que vient mon côté optimiste et ma faculté à toujours aller de l’avant.

L’atmosphère était à la sérénité. Chacun vaquait à ses occupations. Certains pleuraient les proches qu’ils ne reverraient certainement plus jamais, certains rêvassaient, d’autres papotaient tranquillement.
Pour ma part, je dormais beaucoup. J’avais aussi besoin de récupérer. Mais je commençais à trouver le temps long, même très très long. Alors je gambadais partout. Cela me faisait penser au bon vieux temps (qui n’était pas si loin !) où je faisais la même chose sur le bateau de mon père.

Et à force de parcourir sur le bateau, un jour j’ai fait une découverte. C’est une anecdote qui me fait sourire à chaque fois que j’y pense. Elle concerne ma 2e soeur. C’est un secret 🙂

Comme je l’avais expliqué, ma famille était très respectée. Et visiblement, les officiers n’étaient pas insensibles au charme de mes soeurs. L’un d’eux avait sympathisé avec ma 2e soeur.
Un jour, j’entre en trombe sans crier gare dans la cabine de cet officier pour le saluer. Et là, qui vois-je, bras dessus, bras dessous? Ma soeur et lui. Hou ! les amoureux !!!! Pas intimidé pour un sou, je profite de la situation, pour lui demander une figurine posée sur son bureau. Déjà à l’époque !

Au bout, de quatre jours, nous accostons en Thaïlande. Tout était encore tout nouveau, tout beau. On découvrait les boat people. Et comme le commandant de bord avait prévenu les autorités thaïlandaises, nous sommes arrivés triomphants avec un accueil digne d’un épisode de « La croisière s’amuse« . Il y avait des cris, des rires, des cotillons partout. Tout le port était en fête. L’ambiance était euphorique.

Vendeuses Thaïlandaises - Janick Lederlé

Vendeuses Thaïlandaises – Janick Lederlé

Des gens sont venus nous donner des vêtements. Des vendeuses ambulantes nous offraient à manger. Il y avait une grande solidarité. Puis le calme est revenu. On devait rester à bord pour des raisons administratives. C’est demain que les choses vont se décider.

Le lendemain, beaucoup de gens sont montés sur le navire; des gens en costume, des gens avec des micros, des gens encore des gens. Pendant que mon père discutait avec un groupe micro à la main, les autres commençaient à faire la queue.
Mais que font-ils?. En fait, mon père était simplement interviewé par des journalistes comme il était le seul à parler français et anglais. Les hommes en costume étaient des représentants de différentes ambassades. Et les gens se mettaient dans la file selon le pays de leur souhait. Bien évidemment, la majorité espérait partir pour l’Amérique. Moi aussi, j’avais un oncle d’Amérique!

C’est un choix logique, un choix dicté par le coeur. Quand on fuit un pays communiste, on recherche forcément le contraire. Et quel nation s’est battue contre les vietcongs? Quel pays est anti-communiste? Quel état est le symbole du capitalisme? Et les États-unis ont été, sont et seront l’Eldorado à atteindre pour tous les vietnamiens. Alors osons ce rêve américain. In God we trust !

giao luu viet phap

Mais pendant que mon père attendait tranquillement, un événement est venu chambouler tous ses plans. Un événement qui n’arrive qu’une fois dans sa vie et qui va souder à jamais le destin de ma famille. L’ambassade française a eu vent de la présence de ma famille. Ils sont donc venus discuter avec lui.

 Touchée par notre histoire, impressionnée par notre courage, elle a proposé à mon père l’asile politique avec des promesses toutes aussi incroyables les unes que les autres.
On lui a promis un travail identique au même grade. On lui a promis un logement. On lui a promis la conversion de tous ses papiers en équivalence française (diplômes, permis de conduire, passeports…). Et s’il acceptait, on lui a encore promis que dans 3 jours nous serions en France (le temps nécessaire pour l’obtention d’un passeport provisoire).

SACRÉ DILEMME

  • D’un côté, la France, avec la certitude d’une travail, d’un logement et surtout d’une scolarisation pour nous; d’un autre côté, les US et repartir à zéro, sans aucune garantie.
  • Sécurité d’un côté; incertitude de l’autre.
  •  Partir dans 3 jours ou attendre des semaines, des mois voire des années dans un camp de réfugié?
  • Revoir mes grands-parents et la famille de mon oncle ou les oublier à jamais?

Adjugé, vendu ! La France cela sera! Il voulait l’Égalité, il voulait la Fraternité mais surtout il voulait la Liberté

Dans l’après-midi, un bus est venu nous chercher pour Bangkok. On séjournait dans un foyer provisoire. Mes parents avaient 3 jours pour nous préparer, pour nous faire beaux ! Ils ont vendus quelques bijoux et nous voilà dans les centres commerciaux…Pretty woman, walking down the street. Pretty woman, the kind I like to meet…Déjà à l’époque! Me voilà tout beau, tout frais avec mes pattes d’eph et mon faux cuir. Un vrai petit Bruce Lee !

06005122-photo-boeing-777-300-air-franceAllons enfants du Mékong, le jour du départ est arrivé…
La France a tenu TOUTES ses promesses, elle a été au delà de nos espérances…3 jours plus tard, nous étions en France où d’autres surprises nous attendaient

Notes
1.
Mes parents ont grandi durant la colonisation. Ils ont étudié dans des écoles françaises. Ils parlaient donc couramment la langue et leurs diplômes étaient par conséquent français.

2. Par la suite, c’était beaucoup plus difficile pour les vietnamiens. Si par miracle, ils atteignaient les côtes thaïlandaises après avoir échappés aux pirates, ils étaient parqués dans des camps pour réfugiés où ils pouvaient attendre des années avant d’être acceptés par un pays. Vers la fin, ils étaient même renvoyés directement au Vietnam.

==========================================================================================

Ma sœur a réagit et il est intéressant d’intégrer son témoignage

« Me voilà la deuxième sœur, citée dans l’histoire. Puisque Thanh a révélé le secret, il vaut mieux dire la vérité. Dans la partie précédente, je vous ai raconté que j’étais sur une barque cassée en deux, qui s’éloignait du cargo japonais. Un chef des matelots a sauté dans la mer et est monté dans la barque. Nous étions 3 dans la demie barque qui coulait ( ma grande sœur, moi et le marin coréen). Ce dernier a tenté plusieurs fois de rattraper la corde lancé par ses collègues du cargo pour nous approcher. Le cargo a dû nous suivre dans tous les sens par la tempête. Après plusieurs tentatives, il a réussi et nous étions attachés pour que l’on nous tire dans le bateau. Pendant 4 jours, mon sauveur faisait très attention à moi. Il me donnait un oreiller, les serviettes pour que je dorme confortablement dans un pick-up.

Quand on est arrivé à Bangkok, il m’a demandé de venir dans sa cabine. Il souhaitait me parler. Là mon héros faisait une déclaration d’amour. Je pensais qu’il perdait sa tête et d’un seul coup il m’a serré pour m’embrasser. Et là, Thanh apparaissait, mon 2eme sauveur. Quand Thanh est parti, il m’accompagnait à mon pick-up comme si c’est chez moi. Ensuite il est allé voir mon père pour lui demander ma main. Mon père a refusé en disant sue j’étais trop jeune.

Deux personnes suivaient mon père pas à pas. Le premier est l’ambassadeur français pour le convaincre à partir en France avec toutes les belles promesses. Le deuxième est mon héros qui souhaitait m’épouser, essaie de convaincre mon père. Mon père disait que j’étais trop jeune, devais faire les études. Surtout pas question que je vive en Corée dont le nord est communiste. Un jour ça arrivera la situation terrible comme le V.N d’où notre départ dangereux. Mon père m’en a parlé, je n’étais pas amoureuse, et surtout pas penser à me marier dans une telle situation. Mon héros était triste, a pleuré. Ensuite il est parti faire le shopping. Il m’a acheté les fruits ( raisin, pomme, poire), un chapeau thaïlandais, affaires de toilette… pour que je parte en France. Je n’ai pas vu l’accueil que les thaïlandais nous a réservé mais mon grand frère m’a raconté à l’époque. J’avais du mal à croire.

Aujourd’hui je lis ce que Thanh raconte, c’est tout à fait la même chose.
Et je pense à mon héros, mon sauveur, je tiens à le remercier de tout mon cœur de m’avoir sauvée, de vouloir m’aimer une perdue, malade, sans force. Mon destin ne s’arrête pas là en devenant sa femme.

Merci Thanh de tomber du pic à l’époque, qui me dépannait bien.
Je n’ai pas de style comme Thanh mais vous m’avez bien compris, c’est le principal. »

Paris-Hanoï : recettes du Vietnam

Paris-Hanoï, les recettes du Vietnam chez MARABOUT

Paris-Hanoï, les recettes du Vietnam chez MARABOUT

UN LIVRE À CONSEILLER

 »  À la maison, on ne roule pas sur l’or, mais on mange toujours bien. Leurs parents ont l’art et la manière de donner du goût aux choses les plus simples dans la tradition des recettes vietnamiennes…« 

Je glanais dans une librairie à la recherche d’un guide pour mes vacances. Au loin, un livre attire mon attention. J’aimais bien le choix des couleurs, les illustrations. Ben, oui, on ne se refait pas ! Quand on travaille dans la Com, on remarque forcément ces choses là.

Je me rends compte que c’est un livre de recettes , qui plus est vietnamiennes. Je souris. L’édito m’interpelle dès les premières lignes. Cela se passait aussi exactement comme cela chez moi. Ma mère avait exactement la même conception de la cuisine. Pour elle, « l’habit ne fait pas le moine », ce n’est pas parce qu’on achète les choses les plus chers que cela serait bon.

La cuisine c’est avant tout l’art de sublimer de bas morceaux, l’art d’accommoder les restes pour épater la galerie. Et c’est à ces moments là qu’elle était le plus fière. Cet édito m’a fait replonger en enfance. Je commence alors à le feuilleter. Et là, juste ciel !!!! Le nom des plats est en vietnamien. C’est forcément typique.

Ne perdez pas votre temps à cherchez le fameux porc à l’ananas ou porc à la mangue. C’est comme la pizza hawaïenne, ils n’existent pas !
Ici tout est typique et authentique de la cuisine vietnamienne. Il est écrit par des vietnamiens qui ont vécu au Vietnam. Ce ne sont pas ces fameux livres écrits par Julie Andrieux, Jamie Oliver ou autres Nigella Lawson.

La prochaine fois, je fais quelques recettes et les publie !

NOTES
J’ai une excellente nouvelle à vous annoncer, il est aussi disponible sur commande dans votre librairie « Les Lisières« ,  http://www.leslisieres.com ou directement http://w1p.fr/156316.

Quand on peut acheter #RBX, pourquoi s’en priver?

BOAT PEOPLE : Le sauvetage [Part 3]

Comme un radeau de la Méduse sur la mer de Chine.

JEAN_LOUIS_THÉODORE_GÉRICAULT_-_La_Balsa_de_la_Medusa_(Museo_del_Louvre,_1818-19)

Le radeau de la Méduse – Théodore Géricault

Vous devez tous connaître ce tableau que vous avez dû remarquer au Louvre ou sur les bancs d’école. Mais saviez-vous qu’à l’origine, ce tableau s’intitulait scène d’un naufrage, le naufrage de la régate Méduse? A coup sûr, on ne reste pas de marbre devant l’horreur de la scène.

0,,1047226_4,00

Théodore Géricault l’a peint en 1818. Moi je l’ai vécu en 1977, tout comme des centaines de milliers de vietnamiens.

En effet, ma famille avait décidé s’évader du Vietnam et nous avons fui dans le plus grand secret. Personne n’avait été mis dans la confidence; ni nos voisins, ni nos amis, ni notre famille, pas même mes frères et sœurs.

Le plan est d’une simplicité effrayante et enfantine : on prend le train pour rejoindre un bateau de pêche. On dérive sur la mer de Chine. Un navire nous repère, nous prend à son bord. Il nous emmène dans son pays, on fait les démarches pour rejoindre nos grands-parents aux États-Unis. Et le tour est joué !

Mais la réalité est plus capricieuse, elle rend les événements plus complexes. Et bien sûr, rien ne s’est déroulé comme prévu…

Certes, toute ma famille était arrivée sur le bateau mais mes parents n’avaient aucune idée de l’endroit où chacun des enfants était. D’ailleurs personne ne savait où se trouvait les autres. La nuit était noire, la tempête faisait rage, un silence absolu régnait. Il leur était donc impossible de nous rechercher.

Ce n’était pas leur unique inquiétude. Ma soeur et moi étions très jeunes, respectivement 5 et 4 ans. J’avais une petite santé avec des problèmes cardiaques. Ils craignaient que je ne survive pas à cette épreuve.

Mais je tiens bon. Je me suis juste perdu dans une des cales à poisson. Il fait noir, je ne vois rien mais je sens la présence d’autres personnes autour de moi malgré le silence. De grandes secousses d’une mer déchaînée font tanguer très fort le bateau.

DN-SN-84-09740

Je suis trempé et je commence à grelotter de froid. Je me revois encore dans cette cale, recroquevillé sur moi-même, à lutter contre le mal de mer. J’essaye de me retenir mais je ne supporte plus cette odeur. Je finis par rendre mon dernier repas; le phở que j’avais mangé au restaurant avant de monter à bord. J’ai toujours envie de vomir mais maintenant cela a un goût amer. C’est n’est plus que de la bile. C’est peut-être de ce moment que vient mon aversion pour les voyages en mer.

À un moment, quelqu’un ouvre la trappe. On m’extirpe de ma cachette et on m’installe sur le pont. Il fait jour! Je retrouve ma petite sœur. Mon père et ma mère sont aussi là. Je suis content, je devrais exploser de joie mais je ne dis rien, je n’ai même plus la force de parler.

Plus grand, j’apprendrai que mon père, Commandant de la marine marchande, avait négocié avec le propriétaire du bateau. Il dirigerait les opérations en contrepartie d’un prix raisonnable. Et à ce titre, il avait exigé qu’on nous remonte tous sur le pont pour que nous ne fassions pas le trajet en cale comme les autres candidats à l’exil. De plus, comme nous étions plus jeunes, ma soeur et moi étions abrités.

Je ne me souviens pas d’avoir faim mais j’avais très soif. On nous a donné un peu d’eau avec du citron, certainement pour les vitamines. Qu’elle était bonne cette citronnade !

On ne faisait rien. On attendait. Les jours s’écoulaient ainsi. Parfois, en pleine nuit, je les voyais allumer un feu, s’agiter. Tout le monde criait. Au loin, on apercevait un bateau continuer tranquillement sa route, et alors le silence revenait, encore plus lourd. Ces mêmes personnes euphoriques 5 minutes plus tôt, retombaient dans un état d’abattement. Cela ne vous rappelle pas ce détail du Radeau de la Méduse où un bateau continue son chemin au loin? dyn003_original_618_338_xpng_2625226_b604306f6a317cacb8c95e82aa9efd72

 Au bout de 4 jours sans rien manger et avec à peine de quoi boire, un cargo japonais s’est présenté à l’horizon. Les gens étaient épuisés. Mon père a dirigé le bateau vers le navire afin de lui barrer la route. Pendant qu’il essayait de nouer le contact, le propriétaire du bateau dans un geste désespéré, a commencé à faire un trou dans la cale. Le bateau prenait peu à peu l’eau ! C’était maintenant une question de vie ou de mort. Les passagers sont devenus fous; certains, par instinct de survie, ont même plongé pour rejoindre le cargo. Mon père essayait tant bien que mal de calmer tout ce monde et le commandant japonais, surpris par son anglais a fini par accepter la discussion.

 Au début, par respect pour le grade de commandant de mon père, il ne voulait recueillir que ma famille. Mais il n’était pas question d’abandonner les autres qui n’avaient aucune chance de survivre à la nouvelle tempête, imminente. Par dépit, il a fini par accepter, à condition que mon père s’assure de la discipline à bord. Merci Bouddha, on est sauvé !

Les marins japonais ont commencé à jeter des cordes afin de nous remonter un par un. Mon tour est arrivé. Un matelot m’a pris dans ses bras afin de m’amener sur le cargo. De ce moment, je garde toujours en moi le souvenir d’une odeur. Cet homme sentait le propre. Qu’il sent bon le savon cet homme !

A bord, ma famille était considérée avec respect. À table, on nous servait des oeufs au plat en plus, ce qui me permettait de reprendre un peu de force. Le cargo transportait des pick up. Chacun s’installait dans ces voitures comme s’il s’agissait de sa propre maison.

Ma mère était un peu plus détendue. Nous avons passé la 1ère étape. Elle songeait déjà à la suivante : reconstruire notre vie. Et pour cela, elle commençait à compter l’argent qu’elle avait pu emporter avec elle. Il ne lui restait pas grand chose, on lui avait presque tout dérobé sur le bateau. Pendant qu’elle s’inquiétait pour nous, d’autres préféraient lui voler…Mais peu lui importait, nous étions tous sains et saufs. La vie s’écoula paisiblement à bord, j’étais redevenu un enfant. Je gambadais partout pour m’amuser.

4 jours plus tard nous étions accueillis en fanfare à Bangkok et c’est là que se décida en quelques heures le destin de ma famille…

NOTES

1. Décider de s’évader comportait de nombreux risques. En cas d’échec, on risquait l’expropriation et l’emprisonnement. Ma maison a été confisqué au bout de 2 jours sur dénonciation. Les gens sont venus prendre tout ce qu’ils pouvaient prendre. Et l’Etat en a fait une école maternelle. Ma grand-mère, restée sur place, n’est jamais revenue sur ces lieux de peur d’être mise en prison pour complicité.

 2. Les boats people regorgeaient d’argent. Le propriétaire était payé en lingots d’or. Les gens emportaient toute leur fortune en or et pierres précieuses sur eux. C’était moins risqué au début mais par la suite, les pirates thaïlandais ont vite compris l’intérêt de ces bateaux. Ils n’hésitaient pas à violer, piller voire à tuer des innocents.

==========================================================================================

Ma sœur a réagit et il est intéressant d’intégrer son témoignage

« Tu es monté au pont, j’étais dans la cale de poisson 3 jours, dans le noir total. Je n’ai pas vu le jour, trempée du matin jusqu’au soir par la forte tempête. Je sentais du poisson, de la tête aux pieds remplis des écailles de poisson comme si moi-même, je me suis transformée en poisson. Mes vêtements trempés dans l’eau de mer se sont déchirés tout seul. Je sentais aussi le vomis sans doute, mais à ce moment là, je n’y pensais plus.

Étant cardiaque congénital, j’étais comme un cadavre vivant. Mes parents ont eu peur pour Thanh en premier car il était trop petit, ensuite pour moi (16 ans), les deux cardiaques de la famille. J’étais la dernière à monter dans le cargo. En effet, je n’avais plus de force pour faire quoi que ce soit. Le bateau est cassé en deux, écoulé et s’éloignait du cargo et j’étais dedans. Ils ont fait un sauvetage difficile pour me sauver. Ils m’ont attaché et me tiraient sur le cargo car je ne pouvais plus réagir.

J’ai frôlé la mort sans savoir. Ouf, la suite Thanh va vous raconter. »

BOAT PEOPLE : l’évasion [Part 2]

muine

Plage de Phan Thiêt

Si vous partez en vacances au Vietnam, il y a de fortes chances que les guides vous recommandent Phan Thiêt, une station balnéaire idéalement situé à 200 km de Saigon.
Cette ville paradisiaque a tout pour elle; une mer d’un bleu limpide, un paysage idyllique avec une plage de sable à perte de vue. Moi aussi j’y suis allé. C’était en 1977, en plein mois d’août, par un jour de tempête d’une extrême violence.

Map-VN_06

À l’époque, c’était encore une petite ville de pêcheurs, célèbre dans tout le Vietnam pour son nước mắm, la fameuse sauce de poisson que vous mangez avec vos nems sur le marché de Wazemmes.

À l’époque, je ne connaissais même pas cette ville. Pour moi, on allait chez mon oncle. J’adorais m’y rendre, il avait une école de kung-fu.
D’habitude, on voyageait en voiture. Mais cette fois, mes parents avaient décidé nous faire prendre le train pour changer. Youpi, je n’ai jamais pris le train !

À l’époque, je n’avais que 4 ans et pour me distraire, on m’a proposé un nouveau jeu afin de rendre ce voyage encore plus palpitant; Bien sûr, j’étais trop jeune pour qu’on m’explique les règles du jeu. Je devais me contenter de jouer. C’était comme un jeu de rôle. Mais chut, je devais garder le silence et ne dire à personne qu’on était entrain de jouer.

La règle était très simple. On devait passer inaperçus. Personne ne devait nous remarquer. Et pour minimiser les risques et ne pas éveiller les soupçons, on allait se diviser en 2 groupes. Les hommes et les enfants d’un côté, ils partiraient la veille car mon père devait repérer les lieux. Et les femmes de l’autre côté qui partiraient le lendemain.

Et toujours dans le souci de ne pas se faire remarquer, les femmes s’étaient déguisées en vendeuses ambulantes de  nước mắm. Mais ma mère et ma sœur aînée posaient problème. Elles n’étaient pas du tout crédibles dans leur déguisement. Leur peau n’était pas assez matte. (Au Vietnam, les critères de beauté sont différents. Le bronzage est loin d’être tendance. Le teint permet d’afficher son rang social. Et seuls les paysans travaillant dans les champs ont cette vulgaire couleur hâlée.)

Je vous laisse imaginer 2 bourgeoises, aux ongles manucurés, déguisées en paysannes. Elles ont dû se camoufler sous de grands chapeaux coniques pour se fondre dans le décor. Ah, quand même, on ne va pas perdre à cause d’elles !

La_Veudeuese_de_Bananes_36x24_2004

« La vendeuse de banane ». Christiane Charvet Haddad

Je suis donc parti avec mon père. Je ne me souviens plus exactement de tout. On est dans le train…blackout. Tiens la nuit est tombée. Je ne sais pas où sont les autres, mais je ne vois que mon père et moi. Un homme nous rejoint. Cela doit être un ami et comme tous les amis du monde, on va manger ensemble. Nous voilà donc installés dans un restaurant au bord de la plage à déguster du Phở.

Je commence quand même à me poser des questions et à trouver ce jeu étrangement long. Mais la partie n’est pas finie puisqu’on n’est toujours pas chez tonton. En temps normal, on serait déjà arrivé.
La soupe finie, mon père décide faire une petite promenade digestive. Une promenade quoi? Je ne comprends rien à ces adultes, et cet homme qui est toujours là… Il commence à m’agacer, à nous coller. J’ai envie d’être avec mon père, moi monsieur ! Allo, j’existe. Merci de me demander mon avis.

Et à mon avis, on doit s’arrêter de jouer et rentrer car je commence à avoir froid, même très froid. Le vent se lève. Il n’y a pas âme qui vive. Même les gardes-côtes sont partis au cinéma car il faudrait être fou pour s’aventurer sur la plage avec cette tempête imminente.
Mais les adultes ont toujours raison. Ils persistent à vouloir se promener sur la plage déserte. Je n’ai pas le choix, je les suis. On longe la plage, on longe les barrières en bois. Et c’est quoi cette nouvelle manie de chuchoter ?

Les pas s’accélèrent. Mon père me prend la main pour aller encore plus vite. Ça ne m’amuse plus du tout. Hé, je ne suis qu’un enfant, je ne peux pas courir comme vous ! Ils vont vraiment trop vite pour moi, je n’arrive pas à suivre le rythme et en perds ma tong. Je me mets à hurler «  ma tong, ma tong ! ».
On me dit de me taire et pour aller plus vite, l’homme, encore lui, me prend sur ses épaules. Je commence à voir d’autres personnes. Eux aussi se promènent malgré la tempête qui nous menace. Ils vont tous dans la même direction. Quelle idée de faire un bain de minuit par ce temps de chien !

Toujours perché sur les épaules de l’homme, j’avance avec mon père qui à côté veille sur moi.. On s’approche de la mer. L’eau commence à toucher mes pieds, mes genoux…Je finis complètement immergé. On atteint finalement un bateau. Tout va très vite. J’ai le tournis. On me propulse à son bord. On me jette dans la cale à poisson. Je ne suis pas seul. Il y a déjà plein de gens et je ne les connais pas. Ca pue !

Boat-People-612

C’était mon séjour à Phan Thiêt et ce jour-là, 76 vietnamiens avaient décidé de changer leur destin… 


NOTES
1. Vous avez dû remarquer des répétitions d’information dans ces récits. C’est volontaire, je voulais que chaque histoire soit indépendante avec sa propre personnalité.

2. Mon père était Commandant de la Marine Marchande. Il avait donc négocié avec le propriétaire du bateau de pêche un prix moins cher pour notre place à bord de ce bateau. En contrepartie, il s’engageait à piloter le bateau dans les hautes mers. Son titre va s’avérer d’une grande utilité pour la suite de ce périple…

3. La tempête était une aubaine car les gardes-côtes ont alors baissé leur vigilance, pensant que personne ne serait assez fou pour s’évader dans de telles conditions climatiques.

4. Je remercie ma grande soeur Nathalie Nguyen-Boullé, alias Chi Nam, pour les précisions qu’elle m’a communiquées.

===============================================================================================================================

Voici le témoignage de ma sœur pour expliquer le côté des femmes

« Je suis la soeur de Thanh. Je raconte le côté des femmes. Nous nous sommes déguisées en vendeuses de nuoc mam, avons pris le train à 5h du matin de Saigon. On est arrivé vers 14 h à Phan Thiêt, un homme est venu nous chercher. On avait faim et voulait manger qqch. Il nous a amené au marché rempli de monde. Je pensais pouvoir manger mais non, on courait derrière lui en gardant une distance de 2 à 3 m.

Il nous mis dans une cage escalier (5 personnes) en nous disant de rester tranquille car on est repéré par les Viêt Conf ( policier communiste). On n’a pas mangé, on avait du mal à respirer dans un petit espace. A 20h, une fille est venue nous chercher, on l’a suivi de loin dans le noir ( pas de lampadaire comme en ville). On traversait un village de pêcheur, on est arrivé a une maison en feuille de cocotier, rebelote attente infernal sans pouvoir manger.

A 2h du mat, on suivait qqn dans le noir complet, il y a du vent fort, les vagues sont hautes Comme un immeuble ( force 7, 8), on nous a dit Vous voyez la petite lumière jaune là bas, c’est une barque. Il faut nager jusqu’à la bas pour monter dans la barque. Tout le monde s’avance dans la mer. Il fallait nager jusqu’à la barque et non marcher dans la mer. Les femmes, les petites filles criaient, hurlaient de peur, de ne pas savoir nager… Il n’y a plus aucune discrétion, si un communiste est là, on serait toutes fusillés. Mon père a payé des pêcheurs pour amener ma mère, mes soeurs. Je me débrouillais pour arriver et monter dans la barque, on m’a poussé dans la cale de poisson, rempli de monde. Dans le noir complet, j’entendais mes cousins. Pendant 3 jours, on était arrosé en permanence par la tempête.

Chacun a juste un espace étroit sans pouvoir tendre les jambes. Je n’ai rien à manger sauf un morceau de glaçon pour ne pas avoir soif. Sans manger mais je n’arretais pas de vomir. On vomissait sur le voisin et inverse mais je vous assure ça ne salissait pas, car on avait une douche en permanence par la tempête. Je ne voyais ni mes parents ni mes frères. J’étais incapable de me lever ni parler. Tout ce que je sais faire est de vomir par le mal de mer, la barque bougeait à mort.

Thanh ne savait rien de ce départ. Les grands non plus. Ma mère ne connaissait pas plus que nous. C’est le secret complet, une certaine aventure vers la mort que l’on a accepté pour quitter les communistes. »

BOAT PEOPLE : Partir ou rester ? [Part 1]

Saigon dans les année 70

Saigon dans les année 70

Aujourd’hui, je vis confortablement dans une grande maison à Roubaix. Je fais les choses selon mes envies sans me poser de questions. Je ne me pose pas de questions quand j’ai une frénésie de shopping. Je ne me pose pas de questions quand j’ai envie de voyager. Et je ne me pose toujours pas de questions quand j’ai envie de sortir. C’est ma dolce vita à la roubaisienne !

Et quand je pense à ma vie, je ne peux m’empêcher de penser à mes parents. Bien sûr j’ai étudié pour, bien sûr j’ai travaillé pour mais tout ceci je le dois aussi à mes parents.

Flashback : Saigon, avant 1977

Mes parents avaient mon âge, ou à peine quelques années de plus. On vivait dans l’aisance. Mon père était capitaine de la marine marchande. Ma mère n’avait pas besoin de travailler. Je la revois comme la maîtresse de maison donnant des ordres à notre domestique. Je la vois encore à décider des repas du jour, décider des tâches ménagères à faire. Dans mes souvenirs nous vivions dans une maison immense. Et elle devait l’être puisque c’est devenu une école maternelle après notre départ.

Le type d'uniforme que je portais

Le type d’uniforme que je portais

Mais à la différence de ma vie actuelle, nous étions en plein régime communiste. La guerre était finie. Les troupes américaines s’étaient retirées. Le Nord avait conquis le Sud. Hô Chi Minh était le héros national. Je portais l’uniforme pour aller à l’école. Je chantais chaque matin avec mes camarades sa gloire. J’étais devenu un enfant de la patrie.

Les fortunes étaient confisquées, les terres expropriées au nom du peuple ! Ma famille faisait partie de ceux-là. Je ne peux m’empêcher de penser qu’à l’âge où je mène une vie sans questions, mes parents ont dû prendre la décision la plus difficile de leur existence. Une décision qui allait radicalement changer le cours de leur vie quelle qu’en soit l’issue.

À l’époque, mon père n’avait qu’un souhait dans la vie; qu’on fasse de grandes études afin de nous garantir une vie encore meilleure que la sienne. Mais avec un régime de plus en plus répressif, l’avenir qu’il nous souhaitait s’assombrissait de jour en jour. Il était clair que cet avenir il ne l’entrevoyait plus au Vietnam.

Mais que faire? Partir et tout laisser derrière soi? Partir était synonyme de renoncement : renoncer à sa famille, à ses amis, à son confort, à ses biens. Partir, c’était prendre le risque de tout se faire confisquer par l’état en cas d’échec et de tous finir en prison. Partir, c’était aussi s’aventurer vers l’inconnu.

Que se passerait-il ensuite? Allait-il retrouver du travail? Aurait-il le même métier? Pourrions-nous nous adapter? Les questions étaient sans fin.
Il a longtemps hésité, refusant plusieurs propositions. Mes grands-parents ont même fini par partir avec ma tante et mon oncle aux États-unis sans nous.

Quelques années plus tard, il était devenu évident qu’il n’était plus possible de rester. Les réserves s’amenuisaient, l’inflation ne cessait de grimper et nous risquions tous, mes frères et moi, de finir dans l’armée. Mon père a donc pris LA DÉCISION. La décision qui allait à tout jamais sceller notre destin.

Bien sûr, je ne me doutais de rien à l’époque. Mais en grandissant, je revois des souvenirs, des détails qui me permettent de comprendre que mes parents étaient tout simplement en train de préparer un plan d’évasion. Je revois encore des groupes d »hommes, des inconnus venir à la nuit tombée et discuter secrètement avec mes parents. Les portes étaient fermées, ils chuchotaient.

Le plan était prêt. Nous allions nous échapper par la mer. Et je pense que ces gens mystérieux devaient être les propriétaires du bateau et mon père négociait certainement le prix de notre évasion. Je comprends pourquoi, un jour mes parents, nous ont empêché de jouer dans la cour. Curieux, j’ai regardé en cachette ce qu’ils faisaient. Ils creusaient un trou près d’un arbre et en sortaient un paquet. Cela avait l’air sympa comme jeu. Moi aussi, j’aurais aimé jouer. En réalité, ils ont déterré un trésor caché. Et ce trésor était notre billet de sortie : des lingots d’or.

Les prix étaient ainsi fixés. La date programmée. Nous allions enfin partir du Vietnam. Mais j’étais trop jeune pour être dans la confidence. Seuls mes grands frères et soeurs le savaient. Mes parents m’ont expliqué qu’on allait chez mon oncle. Ok on va chez tonton. On prendra le train. Je me disais : « tiens, normalement, on prend la voiture ». Mais bon, qu’importe, je n’avais jamais pris de train alors let’s go !

Me voilà donc dans le train. Tiens, on n’est pas tous ensemble. Où sont les autres? Bà nội (ma grand-mère paternelle) ne vient pas? Je n’ai pas l’habitude. Je commence à pleurer. Mon père m’achète des bonbons à un marchand ambulant. Whaoo!! c’est cool, je souris et me calme aussitôt. Le train démarre.

J’étais à mille lieues de penser qu’on était entrain de s’évader…Nous sommes en 1977.

Recette de Phở express

Pho 5

« Mange ta soupe, ça fait grandir » nous disait-on. Ma mère ne connaissait pas ces expressions françaises alors elle cuisinait. Mon dieu (enfin « mon bouddha », devrais-je dire), qu’elles étaient bonnes ses soupes! Ma préférée est sans aucun doute le Ph, le plat emblématique du Vietnam. Un bon vietnamien ne commence jamais sa journée sans avaler un bol de Phở.

Une légende raconte que les colons français en seraient l’origine. Ils auraient demandé à leur cuisiniers de créer un plat à base de boeuf qui leur rappellerait la France. Ainsi donc est né le Phở, une soit disant déclinaison vietnamienne du fameux pot-au-feu. Quelle adorable façon de s’approprier le mérite !

Pour moi, c’est un plat chargé de souvenirs. Son goût me rappelle les repas de famille. Son parfum me plonge dans la maison de mes parents. Et c’est surtout le dernier repas que j’ai mangé avant de m’évader du pays.

Je vais vous donner une façon express pour le préparer car en réalité il demande des heures et des heures de patience. Étant originaire du Sud, c’est bien sûr cette version que je vous propose, une version plus complexe, plus subtile grâce à toutes les garnitures qui viennent sublimer son goût.

INGRÉDIENTS
– Boeuf (type jarret, à braiser…)
– Préparation pour Phở (photo 1)
– Vermicelles (photo 2)
– Boulettes de boeuf (photo 3)
Légumes : soja – coriandre – ciboule – basilic thaï – citron (photo 4)
Sauces : nuoc mam – sauce hoisin
FACULTATIF : coriandre longue – piment – beignets frits (très très facultatif)

Pho 1  Pho 2  Pho 3  Pho 4

MÉTHODE
1.  Cuire du bœuf avec une préparation pour Phở (photo 1) dans une cocotte minute pendant au moins 1h à partir du « sifflement » de la cocotte
2. Sortir la viande et la laisser refroidir au frigo pour la découper facilement et conserver le bouillon
3. Cuire les vermicelles (photo 2). Une fois cuits, bien les rincer et laisser égoutter dans une passoire avec un peu d’huile pour éviter qu’ils ne collent
4. Ciseler de la ciboule et de la coriandre et laisser de côté
5. Sortir le boeuf et couper en fines (très fines) lamelles
6. 10 min avant de servir, mettre aussi des boulettes de boeuf dans le bouillon (photo 3)
7. Laver le soja et herbes (basilic, coriandre longue ), couper le citron et disposer le tout sur une assiette (photo 4)
8. Disposer l’assiette à table avec les sauces nuoc mam, Hoisin, et le piment (photo 4)
9. Dans un bol disposer dans l’ordre : vermicelles, lamelles de boeuf, verser le bouillon avec quelques boulettes. Puis ajouter la coriandre, ciboule et un peu de poivre. SERVIR
10. À table chacun ajoutera à sa guise les herbes, et sauces selon ses envies !

Non, je ne me suis pas trompé, je vous ai bien donné une version express ! Je vous ai même fait gagner au moins 5 h…

La photo parle d'elle-même

La photo parle d’elle-même